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Maison Pasteur

à Arbois :


LE GONG DE PASTEUR

SORT DE L’OMBRE



Les communications

de Marie-Claude


   Le 21 juin 1936, les premiers visiteurs de la Maison Pasteur d’Arbois, remarquent dans le vestibule la présence insolite d’un gong chinois ; d’après le Catalogue, il s’agit d’un cadeau du Docteur Adrien Loir à son oncle pour la Saint Louis « vers 1884 ».

  Agé  de 74 ans en 1936, Adrien Loir est le dernier témoin de la vie quotidienne de Pasteur à cette époque du traitement de la rage. Etant très sollicité, il s’apprête à publier en 1937 ses « Souvenirs Personnels », qu’il va intituler : « A l’Ombre de Pasteur ».  

Etrangement, son récit exclusif  en pages 7 et 53, à propos de la présence et de l’utilisation de « son » gong, n’a jamais trouvé aucun écho, que ce soit dans le Journal, dans la Correspondance de Madame Pasteur, ou parmi les voisins, amis, ou domestiques du couple Pasteur .



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Le Docteur Adrien Loir est le fondateur des Instituts Pasteur
de Saint Petersbourg, Sydney, Tunis, Balandago-Rhodésie…



Curieusement, Adrien Loir s’est contenté de préciser que ce gong lui avait été donné par Monsieur et Madame Aniel de Lyon ,dont il était le filleul. Madame Joséphine Aniel  est décédée le 7 avril 1884 à l’âge de 59 ans au domicile conjugal à Lyon 6è, et son époux, Monsieur Ernest Aniel est décédé au même lieu le 12 juin 1884 ,âgé de 55 ans , professeur au lycée Ampère; né en 1862, Adrien Loir avait 22 ans au décès du couple dont il ne dit pas un mot, alors que les Aniel étaient amis intimes de ses grands-parents Laurent, du couple Pasteur et de ses propres parents depuis de nombreuses années. Ernest Aniel  possédait une bibliothèque exceptionnelle vendue aux enchères du 1er au 6 décembre 1884 à Lyon.

Le Catalogue de la vente fut donné à la BNF  par Seymour de Ricci, historien du livre  
La riche collection d’ouvrages sur le Théâtre en particulier, nous oriente vers le père d’Ernest Aniel (1797-1865) , chorégraphe et maître de ballet à l’Opéra de Paris, à Bordeaux,
à Bruxelles et à Lyon, où il a terminé sa carrière .Par conséquent, il est possible que le gong provienne du père du parrain d’Adrien, qui aurait utilisé ce gong chinois comme instrument de musique dans un ballet-pantomime .

En tout cas , il n’a pas pu arriver à Arbois à l’été 1884 , puisque la succession Aniel n’était pas terminée . D’ailleurs, Adrien Loir ne précise pas à quelle fête de St Louis , il aurait « apporté «  ce gong .  En outre , on peut s’interroger sur l’usage de ce gong ancien et riche en calligraphie uniquement comme instrument d’appel pour la promenade ? 



  Le 13 novembre 1893 , Pasteur était parmi les invités d’Emile Guimet à une « action de grâces bouddhiste » célébrée par le moine Toki Hôryû , « devant un parterre d’inconditionnels de l’Asie ».

  En effet , Pasteur était membre de La Société Asiatique de Paris, tout comme son collègue et ami Ernest Renan.

  Cet intérêt méconnu de Pasteur pour le bouddhisme est souligné par Monsieur Hervé Beaumont dans sa biographie de Guimet : « Les aventures d’Emile Guimet ».

         https://www.intermedes.com/article/537-les-aventures-d-emile-guimet-1836-1918-un-industriel-voyageur.html

  

Par conséquent, « le jardin secret » du savant, ouvert seulement aux « happy few » , a pu inspirer à la famille Loir l’idée de ce cadeau-passerelle  entre l’Orient et l’Occident, symbole de l’universalité de Pasteur.



En 1936, Adrien Loir est entré vivant dans l’Histoire de la Maison Pasteur, grâce au gong qui l’a projeté en pleine lumière dans la légende pastorienne.


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Fiche Wikipédia  de Adrien Loir

https://fr.wikipedia.org/wiki/Adrien_Loir


    Adrien Charles Marie Loir, né le 15 décembre 1862 à Lyon et mort le 15 décembre 1941 à Paris, est un bactériologiste français.

    Il est le neveu par alliance de Louis Pasteur, sa mère Amélie étant la sœur de Marie Laurent, toutes deux filles de Hélène Amélie Huet et du recteur de l'université, Aristide Laurent. Une part importante de sa carrière fut associée à l'Institut Pasteur de Paris. Divorcé de Marguerite Morache dont il a trois enfants, il épouse en secondes noces, Hélène Virginie de Montès qui lui donnera trois filles dont Liliane (1903-2002), médecin, mariée avec postérité à un anglais, et Marie-Louise (1908-2002), auteur de plusieurs ouvrages médicaux qui épousera Jean Duc, puis après son divorce, le médecin anglais Robert Hemphill.

   De 1882 à 1888, Adrien Loir fut assistant dans le laboratoire de Pasteur, où il faisait des recherches sur la peste porcine. En 1886, il installe à Saint-Petersbourg le premier laboratoire antirabique hors de France. En 1888 et 1893, il voyage en Australie pour faire des recherches sur la maladie du charbon et la péripneumonie contagieuse bovine. Étant sur place, il étudie l'usage du virus du choléra des poules dans une tentative d'éliminer les lapins qui pullulaient sur le continent.

   En 1893, il fonde l'Institut Pasteur de Tunis et, durant plusieurs années, il enseigne l'hygiène et la bactériologie à l'école coloniale de Tunis. En 1906, il voyage au Canada, où il prouve que la dourine (une maladie du cheval) est causée par le parasite Trypanosoma equiperdum.

   Il meurt le 15 décembre 1941 et est enterré au cimetière du Père-Lachaise (42e division).


     Publications :

« L’Institut pasteur d’Australie », La Nature, no 997, 9 juillet 1892 et no 1000, 30 juillet 1892.

« Chez les aborigènes australiens », La Nature, no 1047, 24 juin 1893 et no 1050, 15 juillet 1893.

« Les lapins en Australie », La Nature, no 1055, 19 août 1893.

« Histoire des épidémies de peste à Tunis », Revue scientifique, 4e série, t. xiii, no 13, 29 mars 1900.

« La destruction des termites dans les pays tropicaux », La Nature, no 1572, 11 juillet 1903.

« Nouveau procédé de désinfection des bateaux : l’appareil Clayton », La Nature, no 1580, 5 septembre 1903.

« La main-d’œuvre dans les mines d’or du sud de l’Afrique : La bière des cafres », La Nature, no 1587, 24 octobre 1903.

« Le chemin de fer du Cap au Caire », La Nature no 1592, 28 novembre 1903.

 « À l’ombre de Pasteur : souvenirs personnels », Paris, Le mouvement sanitaire, 1938, 171 p., in-8°.

Gros plan sur le Gong de Pasteur  -  Photo :  Henri  Bertand ©

Photos 1 et 2 ci dessus extraites de   « En visite Chez Monsieur Louis Pasteur »       Académie des Sciences 1995.   
Guide rédigé par  Christiane Demeulenaere-Douyère, Conservateur  en  Chef  des Archives et du  Patrimoine Historique de l'Académie des Sciences .

 


 
Le 24 février 2020, « le gong d’Adrien » a été examiné par Madame Jie Shan, professeur de mandarin et spécialiste de calligraphie chinoise. Grâce à sa lecture du nom de famille LI  ( riche  et  connue en Chine à Canton ), accompagné du symbole de l’émoluement  d’un haut-fonctionnaire de l’ancienne Chine, ainsi que du Sceau gravé qui signifie « Pouvoir » , nous savons que ce gong a été fabriqué spécialement pour la famille  LI et  commandé par le benjamin pour  « son cinquième frère aîné ».  

Selon la tradition, quand un mandarin sortait de chez lui, il fallait taper le gong pour prévenir les gens qui devaient lui céder le passage .


Adrien Loir, jeune préparateur de son oncle depuis le 30 octobre 1882 , choisit des mots percutants qui laissent perplexe, pour décrire leur relation ambiguë : « Dès le premier jour , j’étais devenu sa chose, un accessoire indispensable dont il userait à sa guise  sans trouver ni résistance, ni contradiction ».

Une fois par jour , pourtant , en tapant de toutes ses forces sur le gong pour rappeler à Pasteur l’heure de la promenade , Adrien Loir  avait réussi à renverser les rôles de domination entre le maître et son neveu.

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Madame Jie Shan, professeur de mandarin
et spécialiste de calligraphie chinoise
Photo :  Cornell Engineering ©

Louis Pasteur en 1886
fusain crayon noir du peintre Félix  Regamey réalisé le 20 avril 1886
et offert par Louis Pasteur à son ami Ernest Renan le 11 mai 1886
Document : gallica.bnf.fr

Maison Pasteur à Arbois  - Le vestibule - réception

Adrien Loir Photo extraite de son ouvrage : A l’ombre de Pasteur - 1937
« Le mouvement sanitaire Paris 9ème

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Marie-Claude en visite à la Maison Pasteur à Arbois avec ses deux accompagnateurs  Photo :  Henri  Bertand ©

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ADRIEN LOIR (1862-1941)

Détail du sceau du gong de la Maison Pasteur

Photo :  Henri  Bertand ©

Hervé Beaumont, historien d’Emile Guimet
« Les aventures d’Emile Guimet »
un industriel voyageur
Editions Arthaud

LE GONG

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SORT

DE L’OMBRE


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Marie Claude tenant le gong de Pasteur dans ses mains